vendredi 9 mars 2018

LE TRAIT DE NIVEAU



Trait de niveau : 
"ligne horizontale tracée sur un ouvrage comme référence de niveau; dans le bâtiment, est généralement située à un mètre au-dessus du sol fini"
  
Deux ans quasiment après sa découverte et le coup de cœur des deux brevinois, la vieille école va (enfin?) commencer sa cure de rajeunissement.
C'est long et c'est court me laissant déjà nostalgique des plaisirs de l'attente...

En deux ans, elle a perdu ses élèves, ses instits, sa fonction. Elle s'est retrouvée progressivement déshabillée, perdant à l'intérieur cloisons, plafonds et faux plafonds et, à l'extérieur, son vieil enduit. Même son portail s'est retrouvé élargi il y a peu.

Si les lieux ont une âme, l'école a t'elle du vague à la sienne ? Est-elle en peine, imaginant couler des jours de ruine tranquilles au lieu de ce remue ménage ?

Comme nous ne lui avons rien demandé, nous espérons que les temps passés entre ses murs,dans sa cour et son jardin ont suffi à l’apprivoiser. 

Cette semaine a donc vu le lancement des opérations avec la réunion de signature des marchés avec les artisans et les premières rencontres techniques pour définir précisément les choix définitifs de matériaux et d'emplacement.




St Joseph (le nom de l'école) va connaitre pendant au moins six mois le dérangement et les allers venues. 
Bien des emm... en perspective. Pourquoi cesseraient-ils ? 
Inhérents aux projets et au désir, indissociables de toute aventure. La vie quoi. 

En écrivant ces lignes, je n'oublie pourtant pas ce qui nous prive du sommeil tranquille ces jours-ci.
La TVA !!! 
A taux plein ou à taux réduit ? 
Sommes nous éligibles ? 

Autant d'avis que de conseils, textes abscons, jargonnage administratif que les artisans eux-mêmes ne déchiffrent pas facilement. Même le maitre d'oeuvre en a perdu son latin.
Et encore nous avons évité la faille budgetotemporelle, celle qui fait que vous commencez vos travaux avec un taux et les terminez avec un autre. N'est-ce pas Marie du 56 ?

Merci aux braves et bienveillants qui ont pitié et prennent du temps pour éclairer nos lanternes bien pâles en cette fin de semaine éprouvante. Même si leurs propos peuvent aussi se contredire, qu'il est bon de sentir un peu de compassion...

 

samedi 3 mars 2018

SE FAIRE LE MUR


Des chantiers menés durant la semaine, le plus ambitieux sans conteste fût celui du mur.
Pour s'attaquer au vieux crépi d'un grand mur (plus de cent mètre carré), deux conditions, disposer d'un échafaudage et de nombreux fans...
Je vous disais que nous avions eu une bonne conjoncture, un bon enchainement. De la chance tout simplement. Et aussi un intermédiaire (dont nous tairons le nom pour ne pas blesser sa modestie) qui a facilité bien des choses.

Bref, tout c'est bien mis côté matériel et les travailleurs furent suffisamment nombreux à répondre à l'appel.
Je la refais pour les étourdis " les travailleurs furent suffisamment nombreux à répondre à la pelle"

Pour la liste des braves, confère l'article précédent.

Dernier ingrédient pour réussir l'entreprise, une météorologie correcte. Sinon les travailleurs du bâtiment se mettent en mode intempérie.
A la veille de l'entreprise, nous passâmes la nuit à insomnier. Ne cherchez pas dans le dico. C'est un néologisme pour mieux vous dire que nous ne fermâmes pas l’œil et que nos ouïes attentives captèrent très clairement le son continu de la pluie sur le fourgon...

Ouf, la pluie cessa le matin et dès potron minet, les travailleurs vinrent et se mirent à l'ouvrage. Même la planchotte et son planchot pointèrent leurs nez à des heures contre nature...Eh oui quand on est marmotte, sortir de sa taupinière à pas d'heure et de plus en hiver mérite que l'on salue l'exploit !

Allez, foin de discours et de parlotte, des images que 
diantre !

Voici donc une histoire de décrépitude et de récrépitude en quelques tableaux (légèrement commentés)

Échafauder et...



...sécuriser. Des fois que les professionnels de l'échafaudage n'auraient pas pris les précautions nécessaires.
Vous noterez derrière le sécurisateur, un olibrius qui a soit le vertige,soit se croit sur une planche à la piscine


Monter, s'installer





Choisir ses outils.
Non ma dame,il ne s'agit pas d'un embarquement sur un paquebot pour une croisière.



Était-ce l'heure ou la fatigue, certain choix de marteau laisse perplexe


Et piquer, piquer, piquer à la main...
Façon courbée et appliquée. 
Comment faire autrement quand on est une grande fille?


Façon rêveuse


Façon coquine...


...ou carrément le dos au mur.
Là, c'est sûr, le chantier progresse très vite...


Façon efficace - l'expérience aidant


Façon content. "Pas beau mon piquage?"


...ou avec un burineur.
Façon bandit masqué ou super héro


Façon concentrée


Façon sportive


Façon élégante sous le regard jaloux des hommes


Façon tranquille, assis pèpère



Pause ! Besoin de souffler


Salissant. Un bonnet tout neuf...


Blessant. "Dire que je suis allé chez la manucure hier"


Trois façons de faire la pause :
trinquer sur le chantier


se faire servir à table en terrasse...en gardant ses Ray ban !


ou redescendre sur le plancher des vaches...

...et admirer le travail accompli - en se disant intérieurement "on n'est pas prêt de déjeuner"
Après la pause, si l'on a bien travaillé côté jardin, on peut aussi monter à l'échelle côté cour.
Une fois lancée, on ne les arrête plus !


Nous pensions la chose finie de notre côté.
Les grandes manœuvres de grattage de mur étaient terminées, nous allions buller et regarder les artisans s'activer.

Forcément, il n'en fût rien.
La présence des échafaudages, la météo acceptable, les proprios disponibles et hop, de nouveau au boulot. La mission confiée (par l'entreprise prêteuse du matériel) était simple : nettoyer et karcheriser le mur (toujours de plus de cent mètres carré) en vue d'appliquer le premier enduit, le dégrossi...
Ben oui, l'échafaudage était en place...
Simple mais...laborieuse mission pour nos petits bras de néo ruraux.
Forcément, le travail accompli, la petite troupe était repartie...sans les gravats !
A la suite de cette expérience, nous pensons développer une nouvelle forme de chantier participatif :
"Donne un coup de pelle et repart la remorque pleine" 

Donc pas d'autre option : opération évacuation.


Faire des tas


 Remplir les brouettes 


Ou la cariolette



Et ensuite passer le nettoyeur haute pression.
Nous attendions un karcher et...nous avons eu...ça !!!


D'où le sourire inquiet du bricoleur...
Comme disait un pote, ça dépote !

En se relayant, et en évitant de tomber en arrière à chaque fois que nous appuyions sur la gâchette, nous réussîmes. Les moellons de granit retrouvèrent une nouvelle jeunesse et le mur fût débarrasser de ses scories




La nuit suivante, nos épaules s'en souvinrent.

Enfin, nous passâmes le relai.
Merci qui ?



Enduire.

Les professionnels prirent le relai et appliquèrent leur enduit à la chaux pour réaliser le "dégrossi".


 

 

Le résultat (provisoire)

Un mur qui a retrouvé une nouvelle jeunesse. 



Dans quelques mois, l'enduit de finition viendra unifié la couleur qui, selon l'ABF, devra être "dans le même ton que la pierre avec un mortier à la chaux naturelle et sable de carrière"

Et vous quelle couleur imaginez-vous pour la vieille école rajeunie?
A suivre...



mardi 27 février 2018


OUVERTURE DU RIDEAU


Nous l'avions dit, nous l'avons fait.
De retour d'une semaine très intense, riche de travail, de rencontre et de bonne humeur.
Le challenge a été gagné, même au delà de nos espoirs, les éléments s'étant remarquablement "conjoncturés".

Tout a commencé par une nuit d'insomnie a écouter la pluie chanter sur la tôle du fourgon en se disant "bonjour la galère, comment allons nous faire travailler une douzaine de personnes sous la pluie".
Petit miracle, et il y en eut d'autres durant la semaine, au petit matin, le ciel vidé de ses eaux a fermé les robinets. Et les travaux se sont succédés jour après jour sans coup férir - ce qui ne veut pas dire sans force ni courage.

Merci à Nicole, Anaïs, Hélène, Marie-Andrée, Régis, Jean-Yves, Jean-Pierre, Jean-Noël, Vincent, Kévin, Manech et Camille. Merci à Fabienne pour une intendance complètement ad hoc.

Les travaux se sont croisés et ont bien souvent été menés simultanément mais pour la clarté du récit, nous les rapporterons de façon thématique.  

En voici le récit en images, prises sur le vif.

Logiquement nous commencerons par l'agrandissement de l'ouverture du portail, condition sine qua non pour faire entrer les entreprises dans la cour de l'école malgré une rue très étroite.

Nous pensions trouver là jeu d'enfant, avec l'idée que, quelques pierres ôtées, le mur lâcherait prise en peu d'heures. Loin s'en faut. Construit pour durer des siècles avec des moellons de granit de forte taille, calés et liés avec de la terre enrichi d'argile, le tout recouvert d'un enduit de ciment de quinze à vingt millimètres, le mur a résisté, y compris au coup de butoir d'un tracteur de passage. 
Les trois mètres carré à défaire ont nécessité plus d'un journée et demie de travail pour plusieurs hercules. Nous le verrons, l'arrivée du grigonnaisien, armé de ses outils a été déterminante. 

Au commencement il y eut une fente (réalisé par le maçon)


Puis, il nous fallu expliquer à certain que  l'angle d'attaque ne se situait pas vraiment là...


Ensuite, différentes techniques furent envisager, telle la masse

Ou le burin. Pourquoi pas?


Mieux, le burineur mais... 


Force est de constater que le chantier n’avançait guère
 

Le moral commençait à en prendre un coup. Nous mesurions, au fur et à mesure de l'écaillage de la gangue de ciment que derrière, les solides cailloux  nécessiteraient entêtement, intelligence et outils adéquats.

Premier moment déterminant. Le mur a commencé à perdre la tête


Forte tête, solidement posée sur un cou tout aussi massif
 

Tels des bourreaux, à l'aide de barre à mine, les travailleurs ont décapité l'éperon rocheux...
 

...qui a fini par tomber trente minutes après le début de l'entreprise !


Encouragés par cette première victoire, nous nous remîmes au labeur en utilisant de nouvelles techniques comme l'appuie tête, fort peu efficace ou...

 
...le tracteur, tout aussi inefficace.


Que ce soit par devant ou par derrière.


Le désespoir risquait de nous gagner.
Sous forme violente ...


...ou non violente


Il était urgent de trouver une nouvelle impulsion. 

Elle nous vint des femmes...


...d'un jeu plus collectif...



...mais surtout de l'arrivée d'un renfort frais, disponible (l'homme est en retraite depuis peu), costaud et expérimenté. 



 
L'homme, coup de masse après coup de masse, a mené la tâche à bien. 
Silencieux et têtu, il a grignoté l'enclos. Voulait-il s'enfuir ?

Vous mesurerez, à la vue de cette arche, la compacité du mur et le talent des maçons de l'époque 


Opiniâtrement, l'abatteur de mur est allé jusqu'au coup de cisaille initial.
 

Les camionneurs couëronnais et stéphanois pourront s'équiper de fourgons allongés et les entreprises pourront venir travailler. 
Merci forçats à la masse. 
Cayenne était durant ces quelques jours à St Clémentin.

A suivre pour les autres chantiers...interlude !