lundi 2 juillet 2018

PORTRAITS OUBLIÉS



Il y a un an, à la mi juillet, nous vous avions invités à découvrir la vieille école, celle là même qui petit à petit se transforme et dont je vous parlerai encore. Je sais je suis en retard, je n'ai pas encore mis de photos des derniers travaux.

Il y a un an, le quatorze juillet, la petite école baignait dans la douce lumière de l'été et se réchauffait avec vos chaleureuses présences.  

Vous étiez là (presque) tous présent, vous disant au creux de vous mêmes ou entre vous 
"les fous, dans quelle aventure s'engagent-ils?"
De cette belle journée sont restés quelques photos souvenirs, portraits maladroits, pris à la sauvette par un photographe incompétent doté d'un instamatic : ma pomme!

Et puis un an après, un ami photographe de talent vient déjeuner chez vous et vous donne une clé USB en vous disant 
"tiens j'avais pris quelques photos à la fête, elles ne sont pas très travaillées mais si ça t'intéresse..."

Le repas du dimanche s'est terminé dans la chaleur de l'été, tard les amis sont repartis. La nappe rangée, les verres lavés, fourbus mais heureux du partage, vous vous installez devant l'ordi et regardez le contenu de la clé USB.
Et vous trouvez des pépites. L'humanité qui signe habituellement ses photos - comme celles vues à Blain (à l'office du tourisme) dans l'expo qu'il partage avec Jocelyne sur le Burkina -, vous saute aux yeux.

Alors plutôt que de les garder seulement pour nous, nous les partageons avec vous. Certains se reconnaitront forcément, on ne change pas tant que ça en un an...
Retour en arrière, flash back avec le regard d'un photographe sensible. 
Vous êtes beaux !
Qu'est-ce que cela aurait donné s'il avait "travaillé" ses photos...

Et exceptionnellement, rompant la règle tacite de ce blog, je vous donne son nom (il est d'accord). Il s'appelle Gérard TREGRET, n'hésitez pas à aller voir ses photos quand il expose.

Voici quelques portraits choisis.
Merci Gérard.






















 

mardi 26 juin 2018

MAITRE D'OUVRAGE


Soyons sérieux, cessons de tergiverser et parlons de l'école. Ceux qui viennent sur le blog veulent du neuf, des histoires de rénovation, de transformations, de l'aventure quoi. 
Foin des billevesées ornithologiques ou des émois enfantins.

Petit résumé de l'entreprise :
Les travaux se poursuivent - ça c'est une nouvelle!
Je veux dire que positivement il y a toujours des artisans sur le chantier. Le maitre d’œuvre réuni toutes les semaines ou presque son petit monde et rythme la rénovation en réglant les problèmes - mais pas tous -; il veille à la bonne coordination des corps de métier et pousse de temps en temps sa gueulante quand les délais ne sont pas tenus.
Plutôt meilleur chef d'orchestre que gestionnaire prévisionnel de coûts...

Pour ceux qui sont curieux de voir un maitre d’œuvre à l'ouvrage - façon de dire -, nous les encourageons à se lancer dans un projet immobilier. Encore mieux avec une rénovation de vieille bâtisse...Non ?

Notre vie depuis début mars est rythmée par le compte-rendus des réunions de chantier. Nous lisons plus particulièrement la rubrique destinée aux maitres d'ouvrage pour y découvrir la check list de ce que nous devons faire ou décider.

Que ceux qui croient que la vie de maitre d'ouvrage est une sinécure renoncent tout de suite à entreprendre. Vous vous croyez chef; vous êtes en réalité sous les ordres du maitre d’œuvre qui lui même se croit chef des artisans mais qui de fait est lui aussi dépendant d'eux...

Vous avez aimé l'histoire des muralières. 
https://ecoleclementin.blogspot.com/2018/04/ouvertures-non-il-ne-sagit-pas-de-celle.html 

Vous aimerez celle des bâti-supports.
Vous demandez au plombier de déposer le matériel sanitaire existant dont 3 cuvettes de WC suspendus pour qu'il les repose ultérieurement.Ce qui fût fait. Vous les mettez à l'abri, hors de vol ou de bris sur recommandations du dit plombier.
Deux mois plus tard, vous rencontrez au hasard du chantier le même plombier qui est en train de poser des bâti-supports neufs. Et hop, si vous ne réagissez pas directement, votre facture grimpe de mille euro...
Pour les non initiés voir ci-dessous :
https://www.masalledebain.com/bati-support-wc/9772-bati-support-wc-geberit-duofix-up320.html

Moralité 
"Un maitre d'ouvrage heureux, de son chantier, s'éloigne peu"
Ce qui n'est vraiment pas le cas pour nous !

Les travaux se poursuivent. 
Maçons, charpentiers, plaquistes ont donné formes et volumes à l'habitation
Électriciens, plombiers, chauffagistes rendent habitable le futur logement
Enduiseurs et menuisiers donneront un nouveau visage à l'ancienne école  
Enfin, après l'été, en fin de chantier, carreleurs et peintres rendront coquet nos intérieurs

Les plus attendus, après un mois de retard, ce sont les menuisiers.
Ils devraient poser les ouvertures (et fermetures aussi) cette semaine.
Nous sommes impatients.

A suivre, les photos des travaux...


COMMENT TAIRE


Avis aux lectrices, lecteurs qui nous font l'honneur et la joie de laisser message, poème et haïkus. 
Lors de la découverte de ces petites missives je retrouve la joie que j'éprouvais enfant lorsque je recevais une lettre qui m'était adressée. Le cœur battant, surtout si la lettre attendue était écrite par une amoureuse ou un ami, je marchais à vive allure vers la boite au lettres...
Je m'égare.

Un défaut d'alerte via la messagerie ne m'avertit plus de l'arrivée de vos commentaires et je viens d'en retrouver quelques uns.
Je n'ai pas résisté au plaisir d'y répondre.

La page précédente est dédicacée particulièrement à l'anonyme du dix sept juin
CHRONIQUE ORNITHO



Allers retours
Incessants voyageurs
Contents fatigués

Heureux nous sommes de voir que les hirondelles de l'école ont après quelques échecs réussi à faire un nouveau nid dans la cave et a y élever trois oisillons déjà couverts de duvet. Après avoir dû renoncer à s'installer dans la chapelle, une première nichée est née dans l'un des deux nids du préau. Mais...sans doute perturbées par les travaux, un conflit de territoire entre couples nicheurs s'est soldé par la mort des oisillons fraichement nés. Virés du nid ! Crime impuni ! J'ai bien tenté de remettre l'un d'eux dans le nid mais rien n'y a fait. Résultat les nids ne sont utilisés que comme dortoir.
Quelle misère. J'étais vraiment triste et en colère. A l'heure où la survie des espèces est interrogée, si les zozieaux s'y mettent aussi, on ne va pas aller bien loin. Pas plus intelligents que les humains...

Dernière menace pour les oisillons de la cave, la porte !

Si l'absence de porte a mis le bazar, la pose des nouvelles pourrait avoir une incidence fâcheuse. Pas besoin de vous expliquer ou de vous faire un dessin. La survie des mignons sans la béquetée des parents est fort compromise. Suffit de constater les incessants allers retours nourriciers.  
La maitresse d'école est donc partie cet après-midi en donnant comme consigne au plaquiste de transmettre aux menuisiers - qui doivent poser les menuiseries en fin de semaine - de ne pas fermer la porte de la cave...
Que vont-ils penser ces braves compagnons, de propriétaires qui, après avoir demander à corps et à cris la fermeture du bâtiment, exige maintenant qu'on le laisse ouvert ???



Les hirondelles attendront l'automne pour repartir.
Pas nous. Hier là-bas, ici aujourd'hui, 
Allers retours
Incessants voyageurs
Contents fatigués

lundi 11 juin 2018

FLUCTUAT NEC MERGITUR

Partis pour deux semaines dans le Poitou. La première est consacrée au babysitting  à domicile des deux petits moineaux. Re découverte des rythmes propres aux enfants, école, activités sportives, assistante maternelle, repas, bains, devoirs, jeux, lectures...Les grands parents se reconnaitront. Ceux qui ne le sont pas encore se projeteront. Ceux qui ne veulent pas le devenir diront ouf.

Peu de place pour l'école (la nôtre, pas celles des moineaux) qui reste cette semaine un peu en périphérie.

Périphérie de nos bras seulement. Pour le reste, les aléas climatiques fort puissant de ces derniers jours et l'impéritie - j'adore ce mot -, du menuisier se chargent de nous cheviller le projet jusque dans les recoins de nos nuits. 

L'énorme avantage des pluies d'orage et des cataractes d'eau qui s'abattent régulièrement telles des averses tropicales, est de nous réveler sans faiblesse ni faux semblant les fragilités du bâti.

Deux révélations à la petite école. 
La première est que les menuiseries extérieures, que l'on appellent communément portes et fenêtres, sont indispensables. Ceux qui en doutent nous appelent.
Deuxio, la partie la plus ancienne de la toiture, dont les professionnels nous avaient assuré qu'elle était chenu mais encore solide, prête à nous protéger encore de bonnes années, ne supporte pas bien du tout l'ambiance tropicale.

Deux solutions. 
Fuir, s'enfoncer la tête dans le sable, pleurer, acheter une poupée, lui donner une allure d'artisan et planter des aiguilles dedans.
Ou, respirer un grand coup, se dire "si si, nous allons y arriver", enfiler bottes et parkas et installer bâches et panneaux de protection là où, une semaine plus tôt, vous avez tout enlevé.

Juste après, appeller le menuisier et lui roucouler doucement la romance que vous avez préparé dans votre tête pendant vos travaux de mise hors d'eau d'un chantier. Bricolages émaillés des propos du plaquiste qui vous dit, à fin de réassurance :  
"heureusement que la toile d'étanchéité à l'air retient aussi l'eau, comme ça le parquet est moins exposé"
Un peu soulagé d'avoir purgé votre colère au téléphone, vous raccrochez pour appeller le maitre d'oeuvre.
Il se charge de joindre le couvreur pour un devis de réfection de la toiture.
Magnanine, ce sera hors maitrise d'oeuvre. Pas belle la vie? Vous venez de faire une économie de huit et demi pour cent sur la facture du couvreur qui va s'ajouter aux précédentes !!!

Ainsi va la vie de chantier. Le fin connaisseur de ce type de péripétie, entre deux passges de TGV, se souviendra des jours anciens et...

Le plus drôle dans l'histoire, c'est qu'après cette matinée tumultueuse et décourageante,  nous sommes rentrés dans notre maison d'hôtes quelques kilomètres de là.

Pour éponger une belle fuite d'eau qui avait transformé la buanderie en pataugeoire...
Non, non, je ne raconte pas de bobard. Le sort d'acharne parfois sur les malheureux.

mercredi 6 juin 2018

OPÉRATION PORTES OUVERTES

MON ŒIL !


Lundi dernier, branle bas de combat pour la troupe des démolisseurs.
La mission : déposer les menuiseries extérieures de vingt trois ouvertures de la vieille école - qui en comptent vingt huit au total...
Au menu, du bois, du PVC, un peu d'aluminium. Du très vieux, du moins vieux et des ouvertures des années quatre vingt avec double vitrage.
Les travaux furent menés en une journée, transports vers la déchetterie voisine compris, par une bande de cinq commères et compères bien outillés et très motivés.
L'opération fût parfois facile, quelque fois périlleuse et souvent technique. La présence de l'éminence technique et de ses solutions technologiques - et hop un petit coup de soudure au garage voisin -, nous a permis de contourner les obstacles.

Mettons cela sur le compte de la fatigue (bien réelle) mais le proprio des lieux avait une fois de plus sous estimer l'ampleur du chantier...Ouf ouf il s'en est bien sorti, entouré de sa bande de mercenaires.

Sans doute - mais restons prudent -, ce fût le dernier "gros" chantier de démolition.

Le résultat nous plait. Derrière les planches obturant le haut des ouvertures, se cachaient de beaux et hauts cadrages. Qu'il sera bon du fauteuil dans le salon regarder les douglas des voisins onduler dans le vent...Rêvons de ces horizons allongés 

A suivre, les actions à mener seront plutôt de l'ordre de la reconstruction et de l'aménagement.

Le gite par exemple qui pour des raisons technico-juridiques ne devra pas être terminé durant cette séquence de rénovation. Question de TVA à taux réduit. Je vous renvoie quelques mois en arrière...

Ô TVA
Ô jargons impénétrables
Ô tracas

http://ecoleclementin.blogspot.com/search?q=TVA 

C'est bien beau de déshabiller l'école de ses paupières, faut-il pouvoir lui en recoudre de nouvelles tout belles !

Là, las, il nous faut composer une nouvelle fois avec les aléas.
A la commande, les menuiseries devaient être livrées semaine 22
A la livraison présumée, plutôt semaine 24
Aujourd'hui, on nous a parlé de semaine 26...

Combien de temps le bâtiment devra t'il garder les yeux ouverts jour et nuit ?
Et les voleurs de matériaux ? Et les curieux ? Et le vilain vent mouillant de ce juin orageux ?

Résumé de la journée en images...

Le petit blanc du matin ?

Dernier message avant de passer à l'attaque?

Petit café de démarrage ?

Par où commencer ?

Que regarde t'elle de si étonnant ?

Qui salue t'elle ?

Et une de moins

Les maçons s'y sont mis aussi, fenêtre devient porte

Démontage délicat côté recto et...

...côté verso


  
Démontage lapidaire

Extension extraction


Illico presto, illico marto

Évacuation...

...sereine et en douceur...


...ou avec des bris et un peu de peur !


En attente de transport

Corps fatigués, pause déjeuner bien méritée

Fin d'après-midi, fourbus, les marteaux et pinces monseigneur rangés, nous regardons le résultat. 
Dedans





Dehors



Petite maitresse au mitan de la grande porte


mercredi 30 mai 2018

CAMPER ET BURINER


Mai. 
Le beau temps est là, les jours allongent et les campeurs sont de retour

Des campeurs un peu spéciaux. Des travailleurs détachés qui pour une modeste rémunération - la vie au plein air, l'activité physique, les barbecues, l'excellente compagnie des maitres d'ouvrages (les maitres d'école sont partis) -, quittent leurs contrées le temps de quelques jours. Ils viennent contribuer à la restauration de la grande battisse.

Parfois, ils opèrent dans des conditions peu adaptées. Par exemple s'attaquer à des éléments en béton armé avec de simples burineurs. Un peu comme si l'on vous demandait de manger des spaghettis avec une paille ou de transporter du sable avec des baguettes chinoises.




Que soit loué ici leur courage et leur obstination.
Point de découragement, point de plainte mais de l'ardeur et de l’opiniâtreté.
Les plans inclinés rendus obsolètes, là par la disparition d'une porte, là-bas par l'angle formé avec des marches, n'auraient fait qu'une bouchée pour un véritable marteau piqueur avec compresseur.




Mais las, ils ont eu beau jeu de résister à nos deux petits burineurs...
Il a bien fallu se rendre à l'évidence, nous n'en viendrions pas à bout en une seule journée. 
Une fois de plus, des voix diront que je n'ai pas écouté les conseils de certaine...J'ai supputé que cela ne serait pas aussi coriace.

Me reste à trouver avec le maçon une solution pour achever l'entreprise.
Et savez vous ce que m'a dit le maçon en question ?
Eh bien que j'aurais dû le prévenir, il nous aurait prêter...un marteau piqueur.

A défaut de conclure sur ce plan là, nous aboutîmes tout de même sur l'autre objectif de la journée, le nettoyage des moellons de granit de la façade côté cour. L'un armé de sa lance haute pression, l'une de sa brosse métallique.
Vous verrez peu d'image car il est assez difficile de tenir une lance ou une brosse métallique et de s'auto photographier.






 Le maitre burineur en a profité pour nettoyer son carrosse
 

Savez-vous combien de moellons sur cette façade ?
Au bas mot, cent quatre vingt douze sans compter les éléments maçonnés ornementaux.

Mes bras s'en souviennent encore quatre jours plus tard.
Mes yeux aussi. Faute de lunettes de protection... 

Et quand la journée s'achève, les campeurs réinstallent la douche de campagne...






Au fait, vous souvenez-vous du miracle de la semaine dernière ?
Il s'est reproduit !


Une très bonne journée.