mardi 4 juin 2019


MAÇONNES



Vendredi ou samedi commence la coupe du monde de football féminin. 
Les médias s'y intéressent et les "mecs" qui critiquent cette reconnaissance tardive du foot féminin deviennent ringards. L'égalité homme femme progresserait-elle grâce au sport?
J'aimerai y croire. 

Si je me réjouis de cette évolution, je me désole des effets collatéraux de celle-ci.
Je crains comme la peste la multiplication par deux de tous les accessoires du sport, publicité, émissions radios et télés, journaux qui vont envahir le champ public.
Je n'aime pas le foot vous l'aurez deviné. Qu'il soit masculin, féminin ou transsexuel - je ne crois pas qu'il y ait encore de pratiquantes suffisamment nombreuses pour intéresser la FIFA...
 
Il y a bien d'autres activités ou les hommes sont omni-présents et les femmes bien peu présentes.
Et les médias n'en font pas un tintamarre de vouvouzélas..

Mais où veut-il en venir?

Dans ce blog, nous avons à cœur de montrer que le sexisme n'a pas cours à l'école (bien que l'école a une cour) et que non seulement le partage des tâches y est d'actualité mais que tous les corps de métier y sont pratiqués indifféremment par les hommes et les femmes.

L'école St Joseph était une école pour les filles. Sachez qu'elles se sont affranchies!

Alors quand je titre "maçonnes", ce n'est pas pour vous parler de l'espèce de guêpe de la famille des Sphecidae ou des Crabronidae qui construisent leurs nids à partir de boue, mais pour témoigner du dernier chantier de maçonnerie conduit par des filles épatantes.

Récit en image de la réalisation de l'arase d'un muret par Marie-Andrée et Fabienne.
Hormis quelques petits conseils de super JP, roi de la bricole, et de la mise en place de ferraille à béton qui a nécessité quelques points de soudure, le chantier a été mené de A à Z par nos dames.

La véritable égalité adviendra quand il n'y aura plus besoin de ce type de reportage...mais demandez vous chères  lectrices de ce blog. Combien de fois avez-vous maçonné?

Le coffrage









Coulage du béton





Finitions 








Séchage




Après décoffrage 
 

 
Quelques phases n'ont pas été prise en photo. Le blogueur était sur le toit.

Alors Mesdames, quelle sera votre prochain défi?

lundi 3 juin 2019

GAIS COUPS DE PAGAIE 
DES GARS JOYEUX


chercher l'erreur

Le boccage bressuirais est bien arrosé. 
Pas par la pluie, actuellement aux abonnés absents, mais par quelques rus, ruisseaux et rivières qui viennent gonfler la Loire via le Thouet, affluent direct du fleuve royal qui l'abouche du côté de St Hilaire-St Florent juste en aval de Saumur.

Le Thouet avait fait l'objet d'un quizz au début de ce blog. Les plus assidus s'en souviendront...

http://ecoleclementin.blogspot.com/search?q=thouet

Dans ce blog, à plusieurs reprises je vous ai parlé de l'Argent qui coule au pied de St Clémentin. Quelques mètres après avoir longé les deux chapelles quasi millénaires des Rosiers et de St Ouen, 

St Ouen dans la brume

Les Rosiers dans la brume d'hiver

l'Argent s’enrichit des eaux modestes du Dolo et forme, juste après, la rivière Argenton. 



Elle grossira les eaux du Thouet dans le Maine et Loire, après avoir parcouru soixante dix kilomètres depuis la source de l'Argent près de Bressuire

Regarder l'eau vive passer depuis la passerelle du Moulin du Bourg a fini par me donner des fourmis dans les pagaies. 


Je ne suis pas un pratiquant assidu mais irrégulier du canoë ou du kayak. J'en aime le côté indien. Je suis nettement moins excité quand il s'agit de pagayer dans de mornes étendues d'eau plate.

De surcroit, parmi les attentions des ex collègues et de ma petite famille, il y a en attente une contribution pour l'achat d'une embarcation.

Bref, y a du projet dans l'air et des envies de jouer aux indiens avec quelques compères et commères volontaires. Sans parler des petits enfants qui grandissent.
Ce n'est pas parce que l'on est vieux et un peu moins souple que s'arrêtent les jeux!

N'est-ce pas Jojo et Jeannot?

Une premières session, dite exploratoire, a eu lieu il y a une quinzaine de jours avec les compères.
Grace à l'association "Détours dans l'eau" sise à Argenton les vallées, nous avons pu descendre une partie de la rivière

https://www.argentonnay.fr/annuaire/detours-dans-leau/

Le vieux loup de rivière expérimenté est équipé d'un magnifique canoë en toile rouge...


...qu'il lui a fallu monter au préalable. C'est là l'astuce, la chose est pliable.



Une fois le beau canoë mis en place, le loup des rivières est parti affublé de ses deux moussaillons installés dans des kayaks jaunes et...insubmersibles.



Le déficit de pluie a certes compliqué le parcours mais a donné bien du sel à l'expédition...

Entre marche sur les galets, portage pour passer les barrages, tentative de passage en vitesse de "petites rapides" - où il était plus risqué de rester bloqué que d'être renversé par le courant - et navigation dans la mangrove argentonnaise...


...il y a eu - oui oui - des plages de véritable navigation.

 

Il y a eu aussi plusieurs plongeons et une tentative de noyade du gars qui avait le plus beau canoë.
Dommage pas de photos - pas facile la photographie en milieu humide!

Parmi nous trois, je ne donnerai pas son nom par peur de représailles, le comportement de l'un des pagayeurs s'est révélé assez étrange et par la même assez dangereux.
C'était sa première séance de kayak et au vu de son comportement, nous redoutons qu'il persiste.

Agressif avant même d'embarquer  


























Paresseux

Qui ouvre les huitres (pêchées dans l'Argenton)?

Qui démonte le canoë?

Il a prétendu que l'Argenton était infesté de crocodile. 

L'inquiétude a culminé quand nous l'avons vu tenter la traversée d'une prairie avec son kayak
Halluciné, cherchait-il à fuir les crocodiles?




Jeannot a profité de cet égarement pour mettre rapidement à l'eau son beau Nautiraid et fuir l’énergumène...  


Est-ce la crainte de changer de décennie? La perte de repaire avec la retraite?

A fin de traitement et de conjuration du sort, une cérémonie dite d'anniversaire devrait être prochainement programmée

Heureusement, l'aventure s'est bien terminée et, satisfait de notre quinzaine de kilomètres parcourus nous avons pu revenir au port sains et saufs

D'autres aventures suivront immanquablement. 

Merci Guillaume (pour le matériel et les infos) 
Merci Kévin (pour la logistique retour)

vendredi 31 mai 2019

CLOCHE


vue de l'église et de l'argentonnais depuis le toit de l'école


Assez silencieux ce blog en mai.
La faute au manque de temps? Ou au temps consacré à d'autres activités?
Pas au manque d'événements c'est certain, il y a même surdosage parfois. 
Peut être l'un entrainant l'autre.

L'appétit est là que voulez vous...
Et un peu de fatigue aussi, nous devons le reconnaitre!

Dans cette page, zoom sur les aventuriers du ciel qui ont tenté d'atteindre non pas "l'inaccessible étoile" comme le chantait Brel, mais la cloche perchée sur le toit de l'école.
A bien y regarder, un point commun existe entre ces deux quêtes, la beauté et la gratuité du geste.
Tant pour Don Quichotte que pour le duo des deux Sancho que nous avons formé avec JP, il ne s'agit que de rêve et d'espoir...

https://www.youtube.com/watch?v=HgmuORddnkk

Nous l'avions laissé sur sa faim, coincé à mi corps dans l’entrebâillement de la petite lucarne, tendant la main vers l'inaccessible cloche...





Depuis, une plus grande lucarne avait été achetée et nous attendions qu'une rencontre s'organise.
Ce qui fût fait ces derniers temps.

Avant de raconter en image l'entreprise, petit rappel du motif.

Une vieille école libre - catholique donc - pour filles, petit couvent administré successivement par des religieuses venant de deux congrégations; tout d'abord les Filles de la Croix (La Puye dans la Vienne) de mille huit cent cinquante trois à mille neuf cent cinquante, puis les Filles de la Sainte Vierge (Salvert toujours dans la Vienne).
Un vieux bâtiment qui existe au moins depuis le dix-neuvième et consacré - c'est vraiment le terme - à des fins religieuses. 
Une petite chapelle dont la croix (vue sur une photo ancienne) a disparu.
Et une cloche au faitage de l'édifice protégée par son chapiteau métallique.

C'est ce clocheton inaccessible et inamovible, déconnecté de tout système de mise en branle du battant qui nous titille sérieusement depuis de nombreux mois. Je veux parler ici de JP et moi.
J'entends d'ici, à défaut de la cloche, les hypothèses pseudo psychanalytiques que certains d'entre vous ne manqueront pas de formuler... 

Pour l'instant aucun indice, aucun témoignage sur le fonctionnement de cette cloche. Était-elle actionnée de l'intérieur ou par une chaine en façade du bâtiment? Servait-elle à sonner matines ou à appeler les enfants en fin de récré?

Mais avant de résoudre l'énigme et de réinstaller la belle dans sa fonction, la priorité était de diagnostiquer et restaurer le vieux carillon. 
Sans pour autant attraper le bourdon.

Et pour savoir ce qui cloche, pas d'autre moyen que d'aller voir la-haut -sans dire au revoir -et ramener la bête au sol pour soin - sans que ne résonne le tocsin.

Démonter l'ancienne lucarne, découper le pare-pluie, agrandir l'ouverture, ôter les tuiles sans les casser...
 



...pour pouvoir se hisser à l'extérieur. Au moins en partie pour continuer à œuvrer.
 


Petit à petit, nous avons réussi à nous extraire du grenier. Et comme ni l'un ni l'autre n'avions posé de lucarne sur un toit en tuile,  nous avons tâtonné à la recherche de solution permettant de la fixer solidement et de façon étanche. Pour l'étanchéité, il faudra attendre mère pluie qui ne pointe guère ses gouttelettes.
Après avoir couper, visser, scier les tuiles, monter et re-démonter plusieurs fois la lucarne, nous avons pu nous occuper de la cloche.

En fait si cela s'est bien déroulé comme décrit ci-dessus, ce ne fût pas dans cet ordre là...



Une fois le trou fait dans la toiture, vous pensez bien que le JP ne s'est pas fait prié, il a filé daredare en direction de l'édicule...
 




Passée l'excitation de cette rencontre au sommet, et avant d'agir, nous nous sommes attachés. La hauteur et la pente du toit le recommandait.


A vrai dire, la méthode utilisée (une corde attachée autour des hanches) ne nous garantissait pas grand chose sinon de vomir brutalement lors d'un éventuel resserrement violent!!!

Une fois familiarisés avec les cimes, nous nous sommes rapidement libérés de ces liens...



Diagnostic posé et constat fait d'une fonte des éléments métalliques dans la rouille depuis belle lurette, le chirurgien est intervenu pour découper les éléments à restaurer.



Bien sûr JP, pas peu fier, s'est chargée de la belle...
 


...pendant que votre serviteur bringuebalait le chapiteau métallique, assez encombrant et au piétement fragilisé par le temps et les éléments. 




Bien sûr la cloche est passée par le trou fait dans le toit mais pas le chapiteau... 
Il a fallu réfléchir et trouver la moins dangereuse des solutions.
Après avoir espéré un manitou qu'est jamais venou, nous sommes passés de toit en toit, marchant sur les faitages, tels des albatros maladroits, emportant dans nos bras l'objet convoité, relié à une corde au cas où il nous échapperait.





Soulagé de toucher le plancher des écoliers...
Dommage la photo a coupé la croix du sommet du chapiteau. Me manque donc la petite touche de sainteté qui me sied si bien.

La première phase de préservation du patrimoine étant réalisée - une pensée pour les ABF - la photo de famille s'imposait.


Cela ne veut pas dire pour autant que cela en fait une famille de clochard

Une fois la nouvelle lucarne mise en place, testée et approuvée...




 











...ne restait plus qu'à commencer sans attendre les études et préparatifs de restauration







Le roi de la bricole est reparti. Depuis, je le sais, il continue à imaginer la seconde vie de la cloche (faudra lui trouver un nom) pour qu'un jour prochain, elle revienne sonner la vie qui passe à St Joseph.



Le moi de mai s'est passé dans les airs mais aussi sur l'eau.
Le rêve et l'aventure aussi bien sûr.
Que voulez-vous faire quand l'enfant qui est en vous continue de jouer et que parmi vos proches, la même envie s'impatiente et trépigne...pas moyen d'y échapper.

A suivre, une petite histoire d'eau entre amis.